2 Mar, 2020
[PARTIE 4] Colloque de lancement TESaCo : Intelligence artificielle, robotique et nanotechnologies

Robotique : l’intelligence de la gravité

Intervenant : Jean-Paul Laumond, directeur de recherche émérite au CNRS, équipe Willow (ENS, CNRS, INRIA), membre de l’Académie des sciences et de l’Académie des technologies

Résumé : La robotique peut se définir comme l’étude du couplage des machines à calculer (les ordinateurs) avec les machines tout court, celles qui depuis Aristote dialoguent avec la gravité et se définissent comme productrices de mouvements. Les progrès techniques du début du siècle dernier en matière de composants électroniques ont permis à la fois le développement de nouveaux instruments de mesure et de nouveaux modes de transformation de l’énergie électrique en énergie mécanique. Du déterminisme mécanique auquel étaient soumises les machines, on passe à des systèmes électroniques de régulation qui dotent les machines de nouvelles capacités d’adaptation. Le bouclage sensori-moteur est théorisé par la cybernétique dans les années cinquante. La numérisation du signal permet de s’affranchir du bouclage analogique. Les machines à mouvement héritent ainsi des capacités des machines à calculer et elles s’adaptent de mieux en mieux à leur environnement pour effectuer les tâches qui leur sont assignées. Il reste que la maîtrise par le calcul des lois de la physique reste un défi pour l’intelligence artificielle : en quoi jouer au go est-il plus « simple » que prendre un verre sur une table ?

De la toxicité de certains termes associés à « technologie » :
impact, éthique, problème, solution, usage…

Intervenant : Daniel Kaplan, Cofondateur du Réseau Université de la Pluralité et de la Fondation internet nouvelle génération

Résumé : Même le discours critique sur les technologies tend à en faire des objets presque autonomes, dotés d’une dynamique propre : elles apparaîtraient en réponse à des « problèmes », produiraient des « impacts » positifs ou négatifs, ces derniers nécessitant un travail « éthique », en même temps qu’on en développe et en régule à la fois les « usages »… Tout cela permettant de manière commode d’évacuer deux questions : d’où et de qui ces technologies viennent-elles ? De quel agenda relèvent-elles ?

L’évolution de la notion de responsabilité au temps des algorithmes

Intervenant : Gilles Dowek, directeur de recherche à l’Inria et Professeur à l’École normale de Paris-Saclay

Résumé : Selon le code de la route, le conducteur d’un véhicule est responsable des infractions commises par lui dans la conduite dudit véhicule. Mais que se passe-t-il quand ce conducteur est un algorithme? Au delà de l’opportunité de donner personnalité juridique aux algorithmes, cette question nous mène à nous interroger sur la nature et le rôle de la sanction, quand une décision est prise par un algorithme.

Traiter les maladies graves à l’aide de nanomédicaments :
pour un Homme réparé mais pas augmenté.

Intervenant : Patrick Couvreur, professeur à la Faculté de pharmacie de l’Université Paris-Sud, membre de l’Académie des sciences, de l’Académie des technologies, de l’Académie nationale de médecine, de l’Académie nationale de pharmacie

Résumé : Le développement de nanomédicaments a pris un essor considérable au cours de la dernière décennie;plus de 50 nanomédicaments ont déjà obtenu l’autorisation de mise sur le marché, principalement pour le traitement du cancer et pour l’imagerie médicale. S’appuyant sur de nouveaux concepts, la recherche pharmaceutique a permis d’imaginer des systèmes sub-microniques pour l’administration ciblée de médicaments. Ces nanovecteurs sont capables (i) de protéger le médicament de la dégradation/métabolisation, (ii) de favoriser sa pénétration intracellulaire et (iii) de contrôler sa libération au bon moment et au bon endroit de l’organisme. Des exemples concrets seront donnés dans le domaine du traitement de la douleur, des accidents vasculaires cérébraux et du cancer. Le développement de nanovecteurs non viraux pour la thérapie génique sera aussi discuté. L’utilisation des nanomédicaments en médecine humaine vise exclusivement à guérir le patient mais elle pourrait aussi déboucher sur des projets visant à augmenter certaines capacités humaines, physiques ou cognitives, en dehors des champs habituels de la médecine et de la pharmacie.

Table ronde

Intervenants : Patrick Couvreur ; Gilles Dowek

Clôture du colloque TESaCo : Conclusions

Par Pierre Delvolvé, professeur émérite de l’Université Panthéon-Assas, président de l’Académie des sciences morales et politiques

[Entretien] Désubériser, Reprendre le contrôle

[Entretien] Désubériser, Reprendre le contrôle

L’ubérisation n’a pas simplement remis en cause les modèles économiques traditionnels elle a aussi bouleversé une partie du monde du travail. Travailleurs précaires, asymétrie et rapports de force, comment encadrer et réguler ces plateformes pour qu’elles puissent...

Scienza nuova ou nouveau style scientifique ?

Scienza nuova ou nouveau style scientifique ?

Par Daniel Andler paru dans Le Débat, n° 207, novembre-décembre 2019, pp. 123-131 Version PDF Vous êtes l’Agence nationale de santé publique. Vous êtes chargée d’évaluer la prévalence de la grippe dans le pays, à l’approche de la prochaine épidémie saisonnière, et...

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *